Ultrachampsaur 2015 (30 km) : la course

Je suis assis sur une chaise longue dans une salle de l'école municipale, les pieds surélevés pour favoriser la récupération. Légèrement comateux, j'écoute l'infirmière m'expliquer que j'aurais dû boire huit à dix litres d'eau comme certains participants. Je ne trouve pas la lucidité pour lui demander si ces coureurs étaient engagés sur le 30 km ou sur le 60, et combien de temps ils ont mis pour terminer leur course. Je lui parle d'hyponatrémie tout en cherchant dans ma tête le volume maximal de liquide - de l'ordre d'un litre - que l'on peut consommer par heure d'effort sans risquer des problèmes de rétention d'eau. À côté de moi, la quatrième féminine, longtemps première avec une bonne avance, compte elle aussi les litres bus. Quatre chacun, pour quatre à cinq heures de course. Je repense à ce verre de Saint-Yorre que j'ai refusé au col de la Coupa, à ces sept minutes passées au dernier ravitaillement à demander tantôt du sel tantôt la couleur de mon visage. Criblé de crampes, je suis bientôt pris en charge par deux kinésithérapeutes. L'une prétend me reconnaître, mais je suis contraint d'avouer que c'est impossible. Je quitte Ancelle après une bière thérapeutique.

Ma course avait bien débuté. Si Alexandre avait pu rejoindre le second ravitaillement avant mon passage, j'aurais pu lui dire que je me sentais bien et allais reprendre une bonne dizaine de Marseillais et quelques Martégaux. En réalité, j'allais sombrer, écrasé par la chaleur de la journée la plus chaude de l'histoire des mesures météorologiques en montagne. Au pied de la montée au col de la Coupa, orientée au sud-est, les futures première et deuxième féminines me doublaient, avant que je ne reprenne ma voisine de chambre à l'infirmerie de course. Si je survole les kilomètres passés à me convaincre de courir, peu importe la vitesse, je bute encore sur cette pierre enchâssée qui me fit hurler, et beaucoup souffrir, après que mon pied gauche l'eut heurtée à six kilomètres de l'arrivée. Il y a cette côte qui précède l'arche libératrice, le son qui monte d'un coup dans mes oreilles, Alexandre qui cette fois ne m'a pas raté, et cette estrade sur laquelle j'accepte de m'écrouler.

48e sur 358 inscrits et 309 classés en 4 h 40 min 27 s auxquelles il faudrait retirer 43 s, puisque le départ a été donné avec 43 s de retard. Victoire de Said Mansouri en 3 h 19 min 2 s. Première féminine Karen Courcelle en 4 h 24 min 50 s. Classement complet ici. Cotation (personnelle) de la course selon les cotes URW actuelles des coureurs : 1434. Ma cote : 1017 (70,9 % de la cote du vainqueur) donc contre-performance.

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Bibliographie

Du sport extrême à la réanimation Réanimation, Volume 19, Issue 5, Pages 416-422 L. Gergelé, J. Bohe, L. Feasson, P. Robach, J. Morel, C. Auboyer, R.-C. Boisson, O. Desebbe, G.-Y. Millet

Sports drinks, sweat and electrolytes – part 1 // A look at sweating, drinking and the role of electrolytes in sports drinks

L'hydratation du sportif. Par Alain Roche.

Canicule : attention danger. Par Alain Roche.

Ironman-Teilnehmer liegt im Sterben. Frankfurter Neue Presse. 8-7-2015.